Une stratégie de contenu tenable pour une personne seule
Publier deux fois par semaine est un excellent conseil que personne ne tient. Voici comment dimensionner pour que ça survive au troisième mois.
Le rythme recommandé dans ce métier est calibré pour des équipes. Appliqué à un indépendant qui a par ailleurs un travail à faire, il produit trois semaines d'effort puis un abandon — et un blog dont le dernier article date de deux ans, ce qui envoie un signal pire que pas de blog du tout.
Dimensionner sur le mauvais mois
Le rythme doit tenir pendant le mois le plus chargé de l'année, pas pendant celui où l'on décide. Concrètement, ça veut dire un rythme qui paraît ridiculement lent au moment de le fixer.
Un article par mois, tenu trois ans, produit trente-six pages et une régularité visible. Deux par semaine tenus six semaines produisent douze pages et un abandon.
La régularité n'est pas une vertu morale : c'est ce qui permet d'accumuler. Un rythme lent qui dure bat un rythme rapide qui s'arrête.
Ce qui rend un rythme tenable
- Un format court et répétable. Le format long ponctuel demande une disponibilité qu'on n'a pas toujours ; un format court se produit même dans une semaine difficile.
- Une réserve d'avance. Écrire trois articles avant de publier le premier absorbe les imprévus.
- Des sujets qui viennent du travail — les questions posées par les clients, les erreurs fréquentes, ce qu'on explique dix fois par an. Ce sont les sujets qu'on peut écrire sans recherche.
- Un moment fixe dans la semaine, plutôt qu'une intention.
La question à se poser sur chaque sujet
Est-ce que ce contenu répond à une question qu'on m'a réellement posée ? Si oui, il a un lecteur. Sinon, il a de bonnes chances d'être écrit pour soi-même.
C'est le filtre qui améliore le plus la pertinence, et il ne demande aucun outil d'analyse : il suffit de noter les questions reçues pendant un mois.
Ce que je ne conseille pas
De publier pour publier. Un contenu produit sans avoir rien à dire se voit, et il abîme la crédibilité qu'il était censé construire.
Quand il n'y a rien à écrire, il vaut mieux améliorer une page existante : la mettre à jour, la préciser, y ajouter ce qu'on a appris depuis. C'est moins gratifiant et souvent plus utile.