Écrire les pages avant de choisir l'outil
La question « quelle plateforme » arrive toujours en premier et devrait arriver en dernier. Ce qui détermine un site, c'est ce qu'on a à y mettre.
C'est l'ordre des opérations qui m'occupe le plus dans les projets que j'accompagne, parce que l'inverser coûte des semaines et beaucoup d'argent.
Pourquoi l'outil ne peut pas venir en premier
Une plateforme se choisit en fonction de contraintes : nombre de pages, type de contenus, besoins d'évolution, compétences de celui qui maintiendra. Or aucune de ces informations n'est disponible tant que le contenu n'existe pas.
Choisir avant, c'est décider avec des inconnues — et le plus souvent, on finit par tordre le contenu pour qu'il rentre dans un gabarit choisi trop tôt.
Un site n'est pas un contenant qu'on remplit ensuite. C'est une mise en forme de quelque chose qui doit exister avant.
Ce qu'il faut écrire d'abord
- Ce que vous faites, en une phrase qu'un inconnu comprend. C'est l'exercice le plus difficile de tout le projet, et le plus rentable.
- Pour qui, précisément. « Pour tout le monde » se traduit sur un site par un discours qui ne parle à personne.
- Ce qui vous distingue, formulé en termes vérifiables plutôt qu'en qualités. « Réponse sous 24 h » vaut mieux que « à l'écoute ».
- Ce que le visiteur doit faire en repartant : appeler, demander un devis, prendre rendez-vous. Une seule action principale.
La liste des pages découle de là
Elle est presque toujours plus courte qu'on ne l'imagine. Une petite structure a besoin de dire ce qu'elle fait, de le prouver, de rassurer sur qui elle est, et d'être jointe. Le reste s'ajoute quand un besoin apparaît.
Un site de cinq pages tenu à jour vaut mieux qu'un site de vingt pages dont la moitié n'a pas bougé depuis trois ans — et la seconde option est le résultat le plus fréquent quand on dimensionne avant d'avoir le contenu.
Ce que ça change pour le choix technique
Une fois les pages écrites, la question devient simple et se règle en quelques minutes : combien de pages, faut-il publier régulièrement, faut-il vendre en ligne, qui mettra à jour et avec quelles compétences.
À ce stade, plusieurs solutions conviennent en général, et le choix devient secondaire — ce qui est le signe qu'on l'a pris au bon moment.
L'erreur que je vois le plus
Refaire un site parce qu'il « fait daté », sans toucher au contenu. Le résultat est plus agréable à regarder et produit exactement les mêmes résultats, ce qui conduit à conclure qu'un site ne sert à rien.
Dans la plupart de ces cas, ce n'était pas le site le problème.